Les comportements dits « défis » ou « comportements problèmes » en institution mettent les équipes à rude épreuve. Entre volonté de bientraitance, risques de violence, pression des familles et exigences réglementaires, les professionnels se retrouvent souvent seuls pour prendre des décisions lourdes de conséquences.
formation trouble comportement de 14 heures (2 jours), limitée à 12 participants, accompagne les professionnels du secteur social et médico-social à mieux comprendre, analyser et gérer les comportements‑défis des personnes en situation de handicap mental et/ou cognitif, en s’appuyant sur les recommandations de la HAS.
Avec une note moyenne de 3,9/4 sur la base de 8 avis, cette action de formation a déjà fait ses preuves auprès de nombreuses équipes, en présentiel sur site ou en visioconférence partout en France.
À qui s’adresse cette formation sur les comportements‑défis ?
Cette formation concerne en priorité les professionnels impliqués dans l’accompagnement quotidien des personnes en situation de handicap mental et/ou cognitif :
- AMP (Aide médico-psychologique)
- AES (Accompagnant éducatif et social)
- AS (Aide-soignant)
- Et plus largement, tout professionnel en lien direct et régulier avec les personnes accompagnées (moniteurs, éducateurs, personnels d’unité de vie, etc.).
Elle est particulièrement adaptée aux équipes d’institutions telles que : FAM, MAS, foyers de vie, IME, ESAT, EHPAD accueillant des personnes en situation de handicap cognitif, SAMSAH, services à domicile ou toute structure sociale et médico-sociale confrontée à des troubles du comportement.
Le format intra-établissement (12 participants maximum) permet un travail en profondeur sur vos réalités de terrain, vos contraintes et vos publics, en mobilisant toute ou partie de votre équipe.
Objectifs de la formation : de la compréhension à l’action concrète
Au terme des 2 jours, les participants seront en mesure de :
- Définir et comprendre la notion de comportements‑défis d’après les recommandations de la HAS.
- Repérer et différencier les principales catégories de troubles du comportement (automutilation, agressivité, stéréotypies, troubles alimentaires, destruction de l’environnement, conduites sociales inadaptées, etc.).
- Évaluer l’intensité, la fréquence et la durée des comportements défis, ainsi que leurs conséquences pour la personne, l’entourage et l’équipe.
- Analyser les facteurs explicatifs (biologiques, psychologiques, relationnels, environnementaux) à l’aide d’outils structurants comme l’arbre des causes ou le modèle écologique.
- Construire des stratégies d’intervention individualisées et cohérentes avec les projets d’accompagnement personnalisés.
- Mettre en place des actions de prévention au niveau institutionnel (procédures, coordination, aménagements, politique de bientraitance).
- Adopter une posture professionnelle adaptée en situation de crise, en garantissant la sécurité de la personne, des autres usagers et des professionnels.
- Développer une démarche réflexive et éthique pour ajuster les pratiques dans le respect des droits, de la dignité et du projet de vie de la personne.
Un programme de 14 heures structuré en 4 grands axes
1. Comprendre la notion de « comportements‑défis » selon la HAS
La première partie de la formation pose un cadre commun et sécurisant de compréhension.
- Définition des comportements‑défis selon la HAS : comportements qui mettent en danger la personne ou les autres, qui compromettent sérieusement la qualité de vie ou l’accès aux soins, à l’éducation, à la vie sociale.
- Impact des troubles du comportement sur :
- la santé physique et psychique de la personne ;
- la qualité de vie de la personne et de son entourage ;
- le climat de l’équipe et de l’institution.
- Distinction entre :
- comportement problème (met en jeu la sécurité, la dignité ou le développement de la personne) ;
- et comportement socialement inadapté (gênant, dérangeant, mais pas nécessairement dangereux).
Les principales manifestations abordées sont :
- Automutilation (morsures, coups portés à soi, griffures, etc.).
- Agressivité envers autrui (violence verbale, physique, menaces, insultes).
- Stéréotypies verbales et motrices excessives (répétitions, gestes, cris, etc.).
- Destruction de l’environnement matériel (objets, mobiliers, dégradations d’espaces collectifs ou personnels).
- Conduites sociales inadaptées (transgressions de règles, comportements sexualisés inappropriés, intrusions, etc.).
- Troubles des conduites alimentaires (hyperphagie, refus alimentaire, vol de nourriture, comportements de stockage, etc.).
L’objectif est de nommer précisément ce qui est observé pour mieux le comprendre, le partager en équipe et sortir d’une vision uniquement centrée sur la sanction ou la répression.
2. Analyser les facteurs d’apparition : du symptôme au sens du comportement
Les comportements‑défis ne sont jamais « gratuits ». Ils ont des causes, des déclencheurs, mais aussi une fonction pour la personne. Cette partie du programme permet de passer de la réaction à l’analyse.
Les participants apprennent à :
- S’appuyer sur la classification internationale du fonctionnement (facteurs personnels et environnementaux).
- Utiliser le modèle écologique pour croiser les facteurs :
- biologiques (douleurs, troubles somatiques, étiologie du handicap, médicaments) ;
- psychologiques (troubles psychoaffectifs, anxiété, dépression, traumatisme, hypersensibilité émotionnelle) ;
- relationnels (qualité du lien avec les professionnels, les pairs, la famille) ;
- environnementaux (bruit, lumière, promiscuité, rythme, contraintes institutionnelles, changements).
- Prendre en compte l’anamnèse et les antécédents de la personne (histoire de vie, diagnostics, épisodes antérieurs).
- Intégrer le vécu émotionnel de la personne : ce qu’elle tente d’exprimer (évitement, recherche de contact, décharge de tension, besoin de contrôle, etc.).
Des exemples concrets sont travaillés :
- Un environnement anxiogène (bruits continus, sur-stimulation sensorielle, déplacements fréquents).
- Des troubles psychoaffectifs non repérés (angoisse de séparation, sentiment d’insécurité, isolement).
- L’impact de troubles cognitifs sur la compréhension des consignes et de la temporalité.
- La non-prise en compte des désirs et choix de la personne dans l’organisation du quotidien.
- L’absence ou l’inadéquation d’un projet d’accompagnement personnalisé structurant.
- Une communication non comprise (codes non verbaux, gestes, sons) qui se transforme en passage à l’acte.
La formation propose une démarche structurée de repérage et d’évaluation :
- Identifier clairement et décrire le comportement observé.
- Évaluer son intensité, sa durée, sa fréquence.
- Organiser les observations (qui, où, quand, dans quelles conditions).
- S’interroger sur l’accompagnement existant (bilan somatique, rythme de vie, activités proposées, aménagements environnementaux).
- Utiliser des outils d’analyse comme l’arbre des causes pour identifier les facteurs contributifs et prépararer des réponses ajustées.
3. Construire des stratégies d’intervention individualisées et institutionnelles
Une fois l’analyse réalisée, reste à agir de manière concertée et cohérente. La formation guide les équipes dans la mise en place de réponses concrètes.
Sur le plan individuel :
- Élaboration d’actions sur mesure : ajustements du quotidien, supports de communication, aménagements d’horaires, activités de régulation, espaces sécurisants, etc.
- Planification des interventions : qui fait quoi, à quel moment, dans quelles conditions, avec quels objectifs et quels indicateurs de suivi.
- Coordination avec l’entourage proche (famille, tuteurs, aidants) et les partenaires (médecins, paramédicaux, psychologues, etc.).
- Vérification de la cohérence des actions entre elles à l’aide d’outils partagés (comme la cible de Sluzki).
- Suivi & évaluation de la pertinence des stratégies mises en place, pour les ajuster dans le temps.
Sur le plan de la posture professionnelle, la formation met l’accent sur une approche positive :
- Être attentif et à l’écoute de la personne, lui laisser des marges de choix réelles.
- Témoigner de la considération à la personne et à ses proches, éviter toute infantilisation.
- Développer une relation plus égalitaire et coopérative, fondée sur le respect et la confiance.
- Pratiquer l’écoute empathique et la reformulation pour désamorcer les tensions.
- Savoir remettre en question certaines pratiques lorsqu’elles favorisent ou entretiennent les troubles du comportement.
- Adapter sa communication verbale et non verbale aux capacités de compréhension et aux spécificités sensorielles de la personne.
- Être attentif à la proxémie (distance physique), à la juste distance professionnelle et aux effets de sa propre attitude sur la situation.
- Adapter l’environnement (calme des lieux, possibilités de retrait, gestion des interactions avec les autres usagers) et réduire les facteurs déclencheurs identifiés.
- Mettre en œuvre des stratégies adaptées selon la situation : capitulation (lâcher prise sur un point non essentiel), diversion (proposition alternative), interruption (cadrage ferme et sécurisant).
- Passer le relais à un(e) collègue lorsque la relation est trop tendue ou que l’usure se fait sentir.
Cette construction partagéee des stratégies permet aux professionnels de se sentir moins seuls, mieux soutenus par l’équipe et l’institution, et de redonner du sens à leurs interventions.
4. Gérer la crise et prévenir les récidives
Malgré la prévention et les aménagements, certaines situations restent fortement conflictuelles ou dangereuses. La formation aborde alors la gestion des crises et leur suivi.
En situation d’hétéro-agressivité ou d’auto-agressivité avec risque de mise en danger, les points clefs travaillés sont :
- Sécuriser l’environnement immédiat : enlever les objets potentiellement dangereux, protéger les autres usagers.
- Maintenir une distance physique suffisante avec la personne pour garantir la sécurité de chacun.
- Si besoin, isoler temporairement la personne dans un lieu calme (ou faire sortir les autres usagers) pour réduire la stimulation.
- Le cas échéant, avoir recours à des techniques d’intervention et de protection physique uniquement lorsque les équipes y sont spécifiquement formées et dans le respect du cadre légal.
- Passer le relais à un(e) collègue ou à un responsable lorsque cela est nécessaire.
- Évaluer les situations pouvant nécessiter une hospitalisation ou un recours à des partenaires extérieurs.
La formation consacre également un temps important à la gestion de l’après-crise :
- Adopter des attitudes adaptées auprès de l’usager durant la phase de récupération (temps de repos, débriefing, reformulation).
- Accompagner le retour à la normale sans banaliser ce qui s’est passé, en maintenant un cadre contenant et rassurant.
- Prendre en compte le vécu des professionnels présents, des autres usagers et des proches, pour limiter les effets traumatiques et l’usure professionnelle.
- Tirer des de chaque épisode pour améliorer les stratégies de prévention et d’accompagnement.
Enfin, un volet complet est dédié à la prévention à long terme des comportements‑défis :
- Améliorer la qualité de vie et de l’accompagnement au quotidien (rythmes, activités, repères, espaces de retrait).
- Identifier les besoins des personnes à l’aide d’évaluations de fonctionnement régulières.
- Repérer les facteurs de risque en lien avec les contraintes institutionnelles (sous-effectifs, changements fréquents de référents, manque d’espaces calmes, etc.).
- Mettre en valeur et renforcer les facteurs de protection (figures sécurisantes, activités structurantes, routines, supports de communication).
- Développer une démarche institutionnelle de prévention : politique claire, procédures partagées, outils de repérage et d’évaluation des comportements‑défis.
- Renforcer la collaboration avec l’entourage (familles, tuteurs, proches) pour assurer une continuité des repères.
- Consolider des projets d’accompagnement personnalisés réalistes, cohérents et adaptés aux ressources de l’équipe comme à celles de la personne.
- Inscrire cette démarche dans une réflexion éthique globale à l’échelle de l’établissement.
Une pédagogie active et concrète, centrée sur vos réalités de terrain
Pour que cette formation ait un impact direct sur les pratiques, plusieurs modalités pédagogiques complémentaires sont mobilisées :
- Apports théoriques et méthodologiques structurés, s’appuyant sur les recommandations de la HAS et les références actuelles en matière d’accompagnement du handicap.
- Brainstormings et questionnements collectifs pour faire émerger les représentations, mutualiser les idées et construire une culture commune.
- Etudes de cas apportées par les participants et le formateur, afin de travailler à partir de situations réelles rencontrées dans vos établissements.
- Analyse des pratiques professionnelles : retour sur des épisodes marquants, repérage des automatismes à faire évoluer, valorisation des réussites.
- Mises en situation et jeux de rôle pour expérimenter de nouvelles postures, tester d’autres façons de communiquer et sécuriser la gestion de crise.
L’action de formation comprend aussi deux temps d’évaluation :
- une évaluation initiale des attentes et connaissances au début de la formation ;
- une évaluation finale de la qualité de la formation et des connaissances acquises.
Cette approche permet d’adapter au mieux le contenu au niveau des participants et de mesurer concrètement les progrès réalisés.
Les bénéfices concrets pour votre équipe et votre établissement
Au-delà de l’acquisition de connaissances, cette formation vise des résultats tangibles dans la vie quotidienne de votre structure.
| Pour les professionnels | Pour les personnes accompagnées | Pour l’établissement |
|---|---|---|
| Plus de repères pour comprendre les comportements‑défis | Un accompagnement plus ajusté et plus sécurisant | Un cadre de référence partagé pour toute l’équipe |
| Moins de sentiment d’impuissance et d’isolement | Davantage de respect des choix et du rythme de vie | Diminution des incidents, des tensions et des ruptures |
| Montée en compétence en gestion de crise | Meilleure qualité de vie au quotidien | Renforcement de la culture de bientraitance |
| Posture plus sereine et éthique face aux situations complexes | Moins d’exclusions ou de sanctions incomprises | Meilleure conformité aux recommandations de la HAS |
| Réduction du risque d’épuisement professionnel | Sentiment accru d’être écouté et considéré | Un atout dans vos démarches qualité et vos évaluations externes |
Avec une note globale de 3,9/4 sur 8 avis, cette formation bénéficie d’un retour d’expérience très positif des équipes déjà formées, qui soulignent :
- la pertinence immédiate des outils pour leur pratique ;
- le gain de cohérence dans les réponses institutionnelles ;
- un sentiment accru de sécurité dans la gestion des situations tendues.
Modalités pratiques : une formation flexible, sur site ou à distance
- Durée : 14 heures, soit 2 jours de formation.
- Format : en présentiel au sein de votre établissement ou en visioconférence.
- Nombre de participants : 12 personnes maximum, pour favoriser les échanges et la participation de chacun.
- Public : AMP, AES, AS, et plus largement professionnels en contact quotidien avec des personnes en situation de handicap mental et/ou cognitif.
- Territoire : possibilité d’organisation partout en France.
Le programme peut être ajusté en fonction :
- du type de structure (FAM, MAS, foyer de vie, ESAT, EHPAD, SAMSAH, crèche accueillant des enfants en situation de handicap, etc.) ;
- du profil de vos publics (adolescents, adultes, personnes âgées, polyhandicap, TSA, troubles cognitifs d’origine dégénérative, etc.) ;
- de vos contraintes organisationnelles (horaires, roulements d’équipes, périodes de forte activité).
Vous bénéficiez ainsi d’une action de formation sur-mesure, directement opérationnelle dans votre contexte.
Cette formation est‑elle faite pour vous ?
Votre équipe est régulièrement confrontée à des comportements d’agressivité, d’automutilation, de destruction ou de grande agitation ? Les professionnels expriment un sentiment d’usure ou d’impuissance ? Vous souhaitez renforcer votre démarche de bientraitance tout en assurant la sécurité de chacun ?
Cette formation est un levier puissant pour :
- redonner du sens et de la cohérence à vos pratiques ;
- apaiser le climat institutionnel ;
- outiller vos équipes dans la durée ;
- mieux répondre aux attentes des personnes accompagnées et de leurs familles.
Organisable sur site ou en visioconférence, partout en France, et soutenue par des retours très positifs des équipes formées, cette action constitue un investissement durable pour la qualité de votre accompagnement.
Pour bénéficier de cette formation, il vous suffit de définir votre besoin, vos contraintes (calendrier, effectifs, contexte institutionnel) et d’envisager comment cette démarche peut s’inscrire dans votre projet d’établissement. Vos équipes gagneront en compétence, en sérénité et en cohérence, au service d’un accompagnement plus apaisé et plus respectueux des personnes.